De tout et de rien
La ministre de la Justice, madame Taubira, vient de dessaisir la juge Marie-Odile Bertela-Geffroy du dossier qu'elle instruisait à propos de l'amiante. Au grand dam des victimes de ce mortel fléau, qui voient là l'éloignement sine die du procès pénal vers lequel on se dirigeait. Par contre, il y a quelqu'un qui va, ici, pousser un soupir de soulagement, c'est madame Aubry. La juge l'avait mise en examen pour des fautes commises dans ce secteur alors qu'elle exerçait des responsabilités publiques. Elle va pouvoir échapper aux foudres judiciaires. Du moins pour un moment. De là à penser que ce dessaisissement soit le fruit d'une basse politique, il n'y a qu'un pas. Que le syndicat FO de la magistrature n'a pas été, d'ailleurs, loin de franchir. Mais, bon, les gouvernants vont nous jurer, la main sur le coeur, que leur décision n'est que technique, à mille lieues, en tout cas, des vilaines pensées que nous leur prêtons. Ouais. Comment prétendre le contraire ? Impossible. Accordons donc à madame Taubira le bénéfice du doute. D'autant que, on le sait bien, la république d'aujourd'hui est irréprochable !