De tout et de rien
Avait lieu hier, samedi, le repas annuel des anciens de la commune. Mon âge, devenu canonique, me donnait le droit d'y participer et j'y suis donc allé. Attiré aussi, je l'avoue, par le menu qu'on y proposait et qui promettait bien du plaisir aux papilles gourmandes qui sont les miennes. Tout aurait donc été parfait s'il n'y avait eu à supporter les intermèdes dansants. Il me faut vous dire, à ce propos, que je danse comme un barreau de chaise. Mais bon, je n'ai pas tout à fait perdu mon temps pendant ces interludes. Il y a plein de gens à voir qui méritent curiosité.
Par exemple :
- le danseur de java qui n'ose pas mettre les mains sur les fesses de sa partenaire,
- celui qui n'est pas dans le rythme et regarde découragé les pieds de sa cavalière,
- celui qui surveille, inquiet, sa régulière qu'un inconnu a emmené valser,
- la solitaire, un peu drôlue, qui tourne sur la piste sans s'occuper de personne,
- la serveuse adossée au chambranle de la porte qui boit des yeux le guitariste,
- le pépé qui se ressert un verre quand sa femme est partie aux toilettes,
- la dame trop court vêtue qui passe son temps à tirer sur sa jupe,
- celle qui sort son rouge-à-lèvre et réajuste soigneusement son maquillage,
- l'obsessionnel qui use ses lunettes à force de les nettoyer. Etc. Etc.
Tu te moques, me direz-vous. C'est vrai. Et, je ferais mieux de me regarder. Tous ces gens-là sont mes semblables. Je ne leur cède en rien pour ce qui est du ridicule !