De tout et de rien
Cueilli au passage dans ce roman de José Cabanis : "Il n'est personne de plus égoïste, peut-être, que ceux qui pensent ne l'être pas, comme moi. On se croit très sensible parce qu'on est très attentif à la douleur qu'on éprouve, et qu'on devine assez bien celle des autres. Mais on mesure avec exactitude la sienne, on la sonde, on ne se lasse pas de s'en repaître et de s'en saouler. De la douleur des autres, on se tient quitte très vite, un rien vous en console, et on passe." J'ai tendance à croire que ce n'est pas si faux. Je crois que nous avons du mal à nous approprier longtemps la douleur de l'autre. Même si nous faisons effort pour faire preuve envers lui de solidarité, d'empathie ou d'oblativité.