De tout et de rien
Au temps de Sarkozy, le métier de ministre était facile. On prenait langue auprès du chef et, les doigts sur la couture du pantalon, on obéissait aux ordres donnés. Même quand les décisions présidentielles étaient difficiles à admettre. Tous ces gens-là et leurs fidèles de l'UMP ont tellement pris le pli qu'ils s'étonnent qu'aujourd'hui il puisse en être autrement. Cécile Duflot, ministre de François Hollande, vient, en effet, d'émettre un avis contraire à celui du boss : elle est favorable à la dépénalisation du cannabis et le dit. A droite, on se scandalise évidemment, avec tous les accents de la vertu outragée, de la cacophonie qui semble ainsi régner dans les rangs ministériels. Il me semble, à moi, que la chose est plutôt saine. Les ministres, à mon sens, ne sont pas des robots décérébrés devant être strictement attachés à la parole présidentielle. L'essentiel, cependant, étant qu'à l'issue du conseil du mercredi, après discussion collégiale, on aboutisse à une décision majoritairement admise.