De tout et de rien
Finitude
Dans l'allée pierreuse s'amoncelaient les feuilles jaunies de l'automne. Le vent, déjà frais, les déplaçait à son gré, dans un bruissement soyeux. Et tout au long, des tombes. Beaucoup abandonnées derrière leurs grilles rouillées et sous leurs pierres descellées. La mort, définitive, avait fait là son office. Les corps n'étaient plus que poussière et le souvenir de ceux qu'on avait mis là n'était plus depuis longtemps. Plus personne ne venait se recueillir devant leur dépouille oubliée. Je ne sais plus qui disait qu'on reste vivant pourvu que quelqu'un se souvienne de vous. C'est vrai. Mais, justement, que serai-je dans la mémoire des miens dans cinquante ou soixante ans ? Peut-être une image jaunie dans le "cimetière des photos", un détail de l'histoire familiale. Quelque part, il faut le dire, nous ne sommes rien ou si peu de chose dans l'éternité. Nous allons vers la finitude. A moins que. Les chrétiens nous soufflent d'autres espérances...