De tout et de rien

Un SDF vient de mourir et le froid arrive. Ceux qui vivent dans la rue sont en grand danger. Le Président de la République avait promis d'éradiquer le problème. Il est temps qu'il s'en souvienne. En travaillant, au moins, à diminuer cette infernale pauvreté qui jette hors du chemin des cohortes de gens de plus en plus fournies. L'an dernier, à pareille époque, j'évoquais sur mon blog (feu celui d'Orange) la descente aux enfers des SDF. Texte qui reste toujours valable, hélas.
Quand les SDF ne souffrent même plus ...
Au début, ils essaient de s'en sortir et tentent de trouver une solution à leur misère. Mais, la vie de la rue est impitoyable : froid, vols, agressions, indifférence, mépris des passants, etc. Elle finit par les décourager. Ils sont alors aspirés par le désespoir et c'est la fin. Ils perdent désormais la capacité d'agir, de penser, parfois même de parler. "Vient alors le dernier stade, explique le docteur Furtos (un psychiatre spécialiste de la question), celui de syndrome d'auto-exclusion, ou, si l'on préfère, l'état de stress majeur, qui conduit à vouloir sortir de soi." Devenus clochards, ils arrivent à ne rien sentir, ni le froid, si la souffrance. Leur corps est comme anesthésié. Pour sortir de l'horreur du rééel.
Il est urgent que nos gouvernants se penchent sur le problème et en fassent l'une des priorités de leur action. Ils ne peuvent pas, bien sûr, rétablir l'histoire privée de tous ceux qui sont dans la rue et résoudre leurs difficultés personnelles. Mais, ils peuvent au moins faire que chacun ait un toit, ce qui serait déjà le début d'une solution.