De tout et de rien
On débordait d'émotion. Ils venaient enfin d'être libérés. Etait-ce donc, je vous le demande, le moment de parler des gros sous qu'aurait éventuellement coûté leur remise en liberté ? C'était là, je crois, un évident manque de tact. Cela étant, c'est une question qu'à tête reposée il convient tout de même de se poser. Y a-t-il eu paiement d'une rançon ou non ? Si l'on en croit François Hollande, c'est non. Il l'a répété à plusieurs reprises : "Pas de ça, chez nous." Si l'on écoute le ministre Le Drian (qui a orchestré l'affaire), on est presque sûr qu'il y a eu versement. Son refus de répondre à la question idoine directe qu'on lui posait hier soir à la télé équivaut à un quasi-aveu. Je ne suis personnellement pas opposé au règlement d'une rançon. Je trouve qu'un homme vaut tout l'argent du monde. J'admets pourtant qu'on puisse s'interroger. Verser une rançon, c'est d'abord donner aux terroristes ravisseurs les moyens de s'armer, c'est ensuite les encourager à continuer leurs kidnappings. Ne pas verser de rançon, c'est risquer la vie des otages. Cruel dilemme, comme on dit. Je ne voudrais pas, en l'occurrence, être dans la livrée des décideurs !