De tout et de rien
Gare isolée
On allume les lampes.
Un dernier pinson chante.
La gare est émouvante
En ce soir de septembre.
Elle restre si seule
A l'écart des maisons,
Si seule à regarder
L'étoile du berger
Qui pleure à l'horizon
Entre deux vieux tilleuls.
Parfois un voyageur
S'arrête du le quai,
Mais si las, si distrait
Qu'il ne voit ni les lampes,
Ni le pinson qui chante,
Ni l'étoile qui pleure
En ce soir de septembre.
Et le "banlieue" le cueille,
Morne comme le vent
Qui disperse les feuilles
Sur la gare émouvante
Et plus seule qu'avant.
Maurice Carême