De tout et de rien
Pris au piège
Où est-il ce temps béni où les supermarchés n'avaient pas encore confisqué le négoce local ? Peu à peu, les commerces particuliers disparaissent et l'épicerie d'Omonville-la-Rogue, un petit patelin marin du Cotentin, n'a pas dérogé à la règle, elle a aussi fermé ses volets. Le maire, marri, ne l'a pas accepté. Il s'est décarcassé, a restauré la boutique et, rendue enviable, l'a proposée à location. Pour mettre toutes les chances de son côté, il s'est même adressé à TF1, qui en fit la réclame dans sa campagne "commerces à reprendre". Quelle ne fut donc pas sa joie quand il trouva une jeune femme prête à relever le gant. En Juin dernier donc, l'épicerie ouvrait en grande pompe et, miracle, obtint un succès immédiat. L'attrait de la nouveauté ? Sans doute un peu. Hélas, le gris du temps revenant, le client s'est fait de plus en plus rare. Au grand dam de la nouvelle épicière. Le maire ne désarma cependant pas et, judicieuse initiative, proposa, par presse interposée, que chaque famille du lieu fasse l'effort d'acheter là pour 20 € de commissions par semaine. Ce qui, calcul fait, sauverait l'épicerie. Avec tout ce que cela impliquerait en termes de vie locale maintenue. C'est vrai qu'avec la disparition progressive de leur école, de la poste, de l'épicerie ou du café, les villages se meurent les uns après les autres. Et je ne suis pas sûr que nous y prenions vraiment garde. Alors, quand il y a un effort à faire, faisons-le !