De tout et de rien
Depuis quelques jour, devant l'entrée de mon supermarché, s'est assis un mendiant au teint basané. Emmitouflé jusqu'aux yeux. Faut dire qu'il fait froid ! J'ai pris l'habitude (qui ne me coûte pas grand-chose) de lui verser mon obole. Il me reconnaît et nous échangeons, chaque fois, un sourire. Ce qui, je crois, lui importe presque autant que la pièce que je lui donne. Je ne m'érige pas en chevalier blanc, défenseur de la veuve et de l'orphelin, mais ce matin j'ai failli me mettre en colère. Une mémère, habillée coûteux, s'adressant à son toutou de mari, s'est permis d'émettre tout haut des propos fort désobligeants envers notre bonhomme. "N'ont qu'à travailler, ces feignants ! Si ça se trouve, c'est une chaîne d'arnaqueurs !" J'ai ouvert la bouche pour lui river son clou. Mais, j'en ai vu tout de suite l'inutilité. Je n'ai pu cependant m'empêcher de lui jeter un regard de réprobation. Croyez-vous qu'elle a baissé la yeux ? Même pas !