De tout et de rien
L'histoire se déroule dans les sévères paysages de l'Ardèche et de la Haute-Loire à la fin de la première guerre mondiale. Berthe, une jeune femme paisible, indolente, aussi molle au-dedans qu'au-dehors, ne sait qu'obéir. A Dieu, à sa mère, à son mari. Mais, pour l'heure, celui-ci, Barthélémy, est prisonnier en Allemagne. Berthe travaille aux champs et attend. Lorsqu'un jour, un nommé Mathieu se présente à la ferme. C'est un garçon solide et fruste, qui arrive du pays de Mézenc, pour se louer pendant la mauvaise saison. Il va s'éprendre de Berthe, qui l'aimera à son tour. Et, malgré son aboulie naturelle, en dépit des discours du pasteur, des reproches de sa mère et de la réprobation du village, elle partira avec lui, qui ne sait pas résister à l'appel de sa montagne. Là-haut, elle vivra dans le froid et la misère sans jamais se plaindre. Barthélémy, revenu des camps, ne se souvient plus s'il aime sa femme. Mais, il ne peut accepter qu'elle soit partie. Dieu la lui a donnée. Aussi prend-il son bâton et part-il à sa recherche. Course interminable, hallucinée et sans espoir. De toute façon, personne ne peut atteindre Berthe. Ni l'égoïste Mathieu qui n'a jamais su la comprendre, ni le trop dévot Bathélémy, qui ne voyait en elle qu'une servante-épouse à lui consacrée. Les deux hommes finiront par se rencontrer. Au seuil du cimetière, où Berthe, trop lasse, repose enfin. On sort secoué de ce long roman pessimiste. S'interrogeant sur le mystère de l'incommunicabilité des êtres.