De tout et de rien
"Lettre à Dieu le Fils" de Jean-Denis Bredin
Parce que le Père l'intimide et que l'Esprit Saint lui paraît trop abstrait, d'espèce plutôt symbolique, c'est à Dieu le Fils, estimé plus "humain" et plus proche, que Jean-Denis Bredin a choisi de s'adresser. Timidement tout de même : "Acceptez donc ma lettre, acceptez que je l'écrive sans savoir si vous la lirez. Elle ne vous dérangera pas davantage que quelques gouttes de pluie ou le cri d'un oiseau quand vous dormiez sous les étoiles."
Il a beaucoup de questions à poser au Seigneur et de suggestions à lui soumettre. Car, bien qu'élevé dans la religion catholique, il ne parvient pas à comprendre tous les mystères divins et les infortunes que Dieu impose aux hommes : le temps qui file, la souffrance des innocents, les guerres, la misère, la vie de l'au-delà et cette faute originelle dont, fort injustement, tous les chrétiens portent collectivement le poids.
L'éditeur présente ainsi son auteur : "Avec éloquence et sincérité, avec ironie parfois, avec respect toujours - car il est l'homme du doute et non de l'incroyance - l'avocat et l'historien propose ici, en forme de bilan, un véritable catéchisme des questions que peuvent se poser ceux que la foi chrétienne préoccupe.". Je souscris totalement à ce jugement.