De tout et de rien
La Seine coule, lente et sombre, au pied des beaux immeubles de Passy, où, dans un demi-jour cossu et monotone, s'étire l'existence de Philippe Cléry. A trente ans, époux d'Henriette, une femme adulée, héritier d'une confortable fortune, il joue, sans s'interroger jamais, son rôle de bourgeois établi. Mais, il vrai qu'il n'a jamais eu à s'affronter avec lui-même, à se mettre en quête de sa vérité intime. Le cri d'une femme sur un quai va l'y amener. En danger de se noyer, elle a appelé Philippe. Il a hésité, mais s'est enfui. Il découvre alors, effaré, qu'il est veule et méprisable. Il ne comprend pas. Mais, il est contraint d'admettre que sa vie n'a été que lâchetés : face à sa femme dont il acepte les frasques, face à son fils qu'il a rejeté au fond d'un pensionnat, face à sa maîtresse dont il acepte l'amour vénéneux, face à ses associés à qui il ne sait résister. Il baissera la tête, déçu, mais retournera à sa vie quotidienne. La bourgeoisie sait réduire les siens au silence. Un roman dans le ton de ceux qu'on écrit actuellement. Sans doute, mais il date de 1932. L'homme n'a pas changé. Ce qu'il était hier, il l'est encore aujourd'hui. Comme s'il était éternel ....