De tout et de rien
Revenus de la guerre de 14, fatigués, mais heureux d'en être survivants, une poignée d'hommes regagne son petit coin de terre, niché au coeur du Massif Central. Chacun n'a qu'une hâte, retrouver les siens, bien sûr, mais aussi la grande paix de la forêt, la voix du vent dans les herbes et l'odeur familière des étables. Et là, au village, ils vont reprendre leur vie à l'endroit où ils l'ont laissée, une vie simple et dure, mais réchauffée par l'amitié commune et la solidarité. Or, voici qu'un jour une usine s'implante dans la vallée, y creusant une blessure qui ne va pas tarder à gangrener la montagne. Beaucoup vont céder à l'appel du "meilleur être" et partiront y travailler. Pas tous évidemment. César, l'Hypolyte, Colombey, Moulédoux, le Marius, Roquefeuille, Brinquebaille, Morvache, résistent à la voix des sirènes. Ils se battent jusqu'au bout pour que soit maintenu leur mode de vie, que perdurent les traditions, que la campagne continue de respirer, que soit maintenue l'authenticité des choses. Mais, ils vont finir par se décourager. On ne gagne jamais contre les moulins à vent. Exbrayat tire de cette histoire une leçon désabusée. Leurrés par les apparences, les hommes sacrifient souvent l'essentiel à l'artificiel, le vrai au clinquant, la liberté à l'esclavage. "Pourtant, que la montagne est belle" ...