De tout et de rien
Au Corazon, coeur grouillant de la cité, la délinquance fait rage : rackets, viols, agressions, braquages, etc. Face à la passivité résignée des policiers et à la soumission fataliste des habitants. Jusqu'au jour où l'administrateur Julien Dandolo, jusque là play-boy insouciant, subit lui-même l'humiliation physique de la violence. Il se réveille alors et décide de nettoyer la ville. Il boucle le quartier central et le passe méthodiquement au peigne fin, habitant par habitant. Ce sera l'occasion de voir décrits une foule de destins individuels , ceux de Sariel, l'antéchrist, qui sème partout son sida, de Laredo, l'étouffeur aux sacs en plastique, de Murena, l'assassin à la tronçonneuse, de Guapo, le racketteur au rasoir, de Paula Abad, dont la justice n'a pas voulu condamner les violeurs, de Leandro, le prêtre, qui s'échine à protéger les victimes, du commissaire Robich, désespéré de diriger une police impuissante, de Grosso Modo, le ministre pourri ... L'opération réussit. Mais jusqu'à quand ? La mauvaise herbe repousse toujours ...
Question que se pose l'auteur : la démocratie peut-elle garantir l'harmonie sociale ? La réponse lui paraît évidente. C'est non. La démocratie a ses scories. Il y a un prix à payer à la liberté qu'elle a vocation d'assurer à tous. On est, quelque part, faits aux pattes. Mais, ne nous trompons pas de combat, la démocratie, avec ses désordres obligés, est cependant éminemment préférable à un Etat policier qui, lui, répondrait de l'ordre.