De tout et de rien
Je ne voudrais pas faire dans le pathos trop attendri, mais j'ai été ému, je l'avoue. Nous avons fêté, en même temps que Noël, les cinquante-et-un ans de notre mariage. Un sacré bail tout de même ! Je l'ai connue frêle adolescente, je l'ai épousée jolie et, un demi-siècle plus tard, elle n'a pas changé. Elle a gardé tout son charme. Rassurez-vous, je ne vais pas vous raconter notre vie (elle fut finalement très ordinaire), ni vous faire un couplet sur l'amour, son essence, son intensité, sa durée, sa permanence. Ce serait trop long, trop lettré sans doute, pédant peut-être, et sûrement trop barbant. Je ne m'interroge pas, en tout cas, sur celui que je porte depuis si longtemps à celle que que j'appelle si familièrement "ma douce". Il est, tout simplement. Et je vois souvent dans son regard, avec bonheur, qu'elle me le rend bien. Pourvu que ça dure ! On ne sait jamais. Ces choses-là sont si fragiles ! Je croise les doigts.