De tout et de rien
Le complexe de Quasimodo.
Relisant "Nocturnes", un recueil de poésies de Jacqueline Noël, je suis tombé sur cette phrase : "Plus ils sont laids, plus ils sont mal, plus ils sont assoiffés d'amour." J'ai aussitôt pensé à Quasimodo, le bossu de "Notre-Dame de Paris", amoureux éperdu et douloureux de la belle Esmeralda, laquelle était en extase devant le beau Phoebus. Il n'est pas le seul dans la littérature. On pourrait en citer des dizaines d'autres. On est évidemment, à la lecture, émus de leur sort.
Mais, on a tous connu, dans la réalité de notre entourage, quelqu'un de semblable, contraint à l'isolement affectif, faute de pouvoir se faire aimer. La beauté est un privilège et sont heureux ceux qui l'ont reçu. Ils ne savent pas souvent ce que peut souffrir celui que sa disgrâce condamne. L'amour est aussi nécessaire que le pain et l'eau. Et celui qui en manque meurt. Psychologiquement.
J'ai lu aussi sur la toile le témoignage de ce jeune homme laid qui disait "On prétend que la beauté est subjective. Moi, je sais que je suis moche. Mon miroir me le dit chaque jour. Et pour accrocher une fille, bonjour !" Il disait ensuite sa détresse et sa hantise de ne pas savoir si quelqu'un pourrait un jour l'aimer. Comment donc ne pas comprendre qu'on essaie si obstinément de soigner son apparence, jusqu'à, parfois, recourir à la chirurgie esthétique ...