De tout et de rien
Il y a des livres qu'on regrette d'avoir ouverts tant ils sont soporifiques, mais qu'on lit quand même jusqu'au bout comme par acquit de conscience. Saint-Pavin, un poète libertin du 17e siècle, avait aussi cette patience, mais il n'oubliait pas de réclamer à l'auteur qui l'avait trop longuement ennuyé le prix de sa dette. Ainsi que le montre cette épigramme qu'il a, un jour, adressée à un certain Mélite.
Je te rends ton livre, Mélite ;
Quoique fort long, je l'ai tout lu ;
Si tu veux que nous soyons quitte,
Rends-moi le temps que j'ai perdu.