De tout et de rien
Ancien de la Guerre d'Algérie, je lis tout ce qui se publie à propos de ce sanglant conflit et je regarde à la télé tous les programmes qui en parlent. C'est ainsi que j'ai assisté, hier soir, à l'émission consacrée au douloureux problème des harkis, ces supplétifs algériens qui ont choisi de combattre à nos côtés. Je n'ai bien sûr pas à juger de leur choix. Certains l'ont fait par conviction personnelle, d'autres, avouons-le, ont été un peu "forcés" par nos instances militaires. Dans tous les cas, le FLN algérien (Front de Libération Nationale) les a considérés comme des traîtres. Et, au terme du conflit, il les a fait impitoyablement (et cruellement) massacrer. Le drame, et la tache indélébile souillant notre drapeau, c'est que, pour une part importante, nous les avons, au cessez-le-feu, lâchement abandonnés sur place, désarmés face à leurs futurs bourreaux. J'ai honte d'avoir été solidaire de cette saloperie, par ma simple présence là-bas. Comme j'ai honte aussi du traitement frappé d'ostracisme qu'on a réservé à ceux que nous avons malgré tout accepté de rapatrier.