De tout et de rien
Artemisia Gentileschi. "Judith décapitant Holopherne" (1620)
En ce moment, on décapite à qui mieux mieux. Voir les évènements qu'on vient de vivre ces jours-ci. C'est sans doute ce qui, inconsciemment, m'a fait choisir ce tableau pour figurer dans ma galerie des "toiles du dimanche". C'est une femme, Artemisia Gentileschi, qui a commis cette composition pour le moins sanglante. Holà, me direz-vous, cette dame-là devait avoir des problèmes à régler avec les hommes ! Bingo ! Vous êtes fin psychologue ! Artemisia avait subi un viol et, qui plus est, de la part d'un de ses formateurs. Elle en conçut beaucoup de rancoeur, laquelle se devine dans son oeuvre, parsemée de pas mal de cadavres masculins. Cela dit, Artemisia fut, on le voit ici, une artiste talentueuse. Assez d'ailleurs pour être acceptée des siens, à une époque où l'on avait beaucoup de mal à admettre les femmes dans le cercle fermé des peintres reconnus. En témoigne, par exemple, le fait qu'elle fut la première femme accueillie à la prestigieuse "Academia del designo" de Florence. On dit qu'elle a quelque part le coup de pinceau du Caravage. Beau compliment !