De tout et de rien
Courses à Longchamps Edouard Manet 1867
Dimanche, jour du Tiercé. Quelque chose qui ne me fait pas bouger d'un poil. Je ne joue pas. Ce qui me permet, bénéfice secondaire, de faire, ce jour-là, la grasse matinée. Mais, je connais quelqu'un, un proche, qui mise régulièrement. Il y a d'abord la recherche des chevaux gagnants (on étale sur la table du bistrot, près du traditionnel apéro, tous les journaux qui les ont pointés), ensuite la décision du choix, mûrement réfléchie, estampillée sur les tickets et, enfin, le soulagement, ou plutôt le sentiment, en forme d'à-dieu-vat, d'avoir risqué une petite part de sa vie. Le dimanche soir, j'en suis presque chaque fois le témoin, c'est la déception d'avoir encore perdu et les commentaires acerbes sur ces foutus chevaux qui n'ont pas fait leur boulot et volent le picotin qu'on leur donne ...