De tout et de rien
L'Angélus de Jean-François Millet (1857)
Les plus anciens d'entre nous se souviennent de l'angélus. Trois fois par jour, matin, midi et soir, la cloche de l'église sonnait et nous invitait à nous recueillir un instant. Une pieuse habitude qui a disparu depuis longtemps. Le XIXe siècle a vécu. Mais qui ne connaît cette peinture qui a si longtemps orné les murs des chaumières de nos grands-mères. Toile de la ferveur religieuse ? Pas vraiment. Ce n'est pas la foi chrétienne qui étouffait Jean-François Millet. Il n'était pas pratiquant et vivait hors des normes religieuses du temps. Ce qui l'inspira surtout, c'est la nostalgie de son enfance passée à la campagne chez une grand-mère fort pieuse, c'est vrai. Ce tableau, qui aurait pu avoir un destin bien ordinaire, fut un évènement lorsqu'il fut exposé pour la première fois et suscita un intérêt presque universel. Sans doute plus par son sujet, qui se faisait l'écho de la piété de l'époque, que pas sa facture proprement dite.