De tout et de rien
Pas trop facile de classer Edward Hopper. Ce que l'on sait, en tout cas, c'est qu'il était plus particulièrement attiré par la vie au quotidien des Américains de son époque. Surtout dans ce qu'elle portait de difficulté existentielle. Alors, réaliste ? Sans doute, d'autant que ses toiles ont quelque chose de la netteté photographique. C'est clair, c'est précis, presque géométrique. Mais, pourtant, Hopper, c'est, je crois aussi, un romantique. Sa peinture m'émeut, je l'avoue. Elle me paraît triste et profondément nostalgique. Elle évoque, comme en leitmotiv, le sentiment d'isolement auquel beaucoup de gens sont contraints, le vide qui, quelque part, prive leur vie de sens. "Morning sun" (1952) en est un exemple frappant. Une femme vient de se réveiller et regarde par la fenêtre le soleil se lever. Ses yeux sont vides, lointains, totalement absents. Elle n'attend visiblement rien de la journée qui commence, déjà engluée dans l'ennui qui peint habituellement ses jours. Pas gai pour un dimanche tout ça, je le concède. M'enfin, c'est demain lundi. Et, comme on dit, demain, est un autre jour ...