De tout et de rien
La mort nous épie et attend son heure. Patiente, mais impitoyable, réclamant son écot. Depuis quelque temps déjà, on la voyait prendre ses marques sur le visage de Pierre, creusant peu à peu son douloureux sillon. Et puis, ce dimanche de Pentecôte, habituellement voué à la fête, elle a figé son regard, en éteignant le mince éclat qui le reliait encore aux siens. Hier encore, il était vivant, aujourd'hui, il n'est plus. Gommé, effacé, plus là ! Rappel tangible du funeste destin qui nous est à tous promis, celui de notre inéluctable finitude. On s'efforce de ne pas y penser, mais en vain. La mort, c'est sûr, est l'affaire la plus importante de notre vie. Elle revient toujours à la surface, surtout, quand on n'est, comme moi, plus trop éloigné du terme. Mais bon, ce serait faire injure à la vie que de la scotomiser. Donnons-lui, au contraire, du sens et nourrissons-la ! Elle en vaut toujours la peine.