De tout et de rien
A qui profite le crime ?
Je m'interroge à propos de l'affaire des otages. Personne n'ignore plus en France les visages de Stéphane Taponier et d'Hervé Ghuesquière, nos deux prisonniers de groupes extrémistes. Et je loue les efforts qui sont faits pour tenter de forcer leur libération. Souvent d'ailleurs, ça marche. L'hypermédiatisation aura, effectivement, servi à sortir des griffes de leurs ravisseurs des otages aussi célèbres, par exemple, que Florence Aubenas, Michel Seurat, Jean-Paul Kaufman ou Ingrid Bétencourt. Mais combien d'autres ont été libérés après des tractations et des négociations aussi têtues que discrètes. Je me demande - mais peut-être ai-je tort - s'il ne vaut pas mieux, dans ces cas-là, se mobiliser sur place, à l'abri des regards, plutôt que de battre tambour. Les groupes qui ont kidnappé nos deux journalistes ont, en l'occurrence et sûrement, le sentiment d'avoir réussi là un coup formidable. Au vu précisément de l'audience rapportée. Ne joue-t-on pas leur jeu ? Ne les invite-t-on pas à faire monter les enchères (politiques et autres) ? Je ne sais pas. Mais la question mérite d'ête posée.