De tout et de rien
Ils glanent sur les marchés
Pour les glaneurs, le marché commence quand il se termine pour les autres. Ils viennent alors fouiller les cageots de fruits et légumes abîmés abandonnés par les marchands. Elisabeth, qui tient un étal depuis vingt-trois ans sur le marché de la ville, avoue ne jamais avoir vu tant de gens : "C'est en forte augmentation, dit-elle. Avant, c'était très rare, mais, avec la misère, ils sont de plus en plus nombreux. On retrouve souvent les mêmes. L'autre jour, ça m'a fait tout de même drôle de voir une ancienne amie de ma mère fouiller les ordures. Surtout qu'elle a eu une vie plutôt aisée. Et cette pratique ne s'arrête malheureusement pas aux fruits et légumes. Tous les soirs, on en voit qui font les poubelles de la poissonnerie d'à côté !" Marie, une vendeuse voisine qui écoute, renchérit : "C'est quand même désolant tout ça ! Voir des gens faire les poubelle en France en 2010, ça me met hors de moi !" Qu'ajouter ? Rien. Ou peut-être ce témoignage d'une glaneuse retraitée : "J'ai honte, mais, avec le minimum vieillesse qu'on nous donne aujourd'hui, comment voulez-vous faire autrement ?"