De tout et de rien
Regards en coin
Ma douce était entrée au supermarché pour acheter une bombe de chantilly. Au temps jadis, elle faisait sa chantilly elle-même, mais c'est fini. On ne fait plus maintenant, on achète. C'est le progrès, ma bonne dame ! Bon, bon, c'est vrai, c'est du temps de gagné pour autre chose et moins de fatigue. Je vous l'accorde volontiers. Mais, bon, je ne vais pas vous raconter la vie de ma douce. Il y en aurait pour un siècle ! Où en étais-je donc ? Ah, oui, j'attendais devant le magasin. Lorsque une petite voiture bleue s'est arrêtée devant la mienne. La jeune femme qui en est descendue était court-vêtue (quelle idée, par ce temps hivernal !). Abrité derrière mon pare-brise, j'ai regardé avec un brin de concupiscence ses longues jambes visiblement faites au tour. Un homme est passé, d'un certain âge pour ne pas dire d'un âge certain, et son regard s'est porté, en coin, au même endroit. "Oh, le cochon !", me suis-je aussitôt exclamé. En oubliant que l'instant d'avant, j'en avais fait autant. Pourquoi ai-je pensé alors à ce jeu que vous connaissez sûrement : je te tiens, tu me tiens par la barbichette, le premier qui rira aura une tapette ?