De tout et de rien
Elles sont souvent jolies, aimables et d'une patience à toute épreuve. Qui ? Les caissières des grandes surfaces, que le marketing a, depuis peu, transformées en hôtesses de caisse. Anna Sam l'est devenue pendant huit ans et aurait pu vivre son état dans l'anonymat le plus absolu. Mais elle a eu la bonne idée de raconter son quotidien sur un blog. Ce fut un succès absolu. Succès qu'elle a prolongé dans ce savoureux petit bouquin. C'est ironique, marrant, voire truculent, parfois émouvant, mais aussi très informatif. Savez-vous, par exemple, que chacune des caissières enregistre de 700 à 800 articles à l'heure, que dans le même temps elle soulève de 800 à 900 kg de marchandise, qu'elle adresse plus de 250 "bonjour" par jour et autant de sourires (obligatoires). Mais, ce n'est pas ce qui leur importe surtout, c'est l'exploitation dont elles sont l'objet, le mépris dans lequel on les tient, les comportements qu'ont les clients à leur égard. Comportements qui vont de l'indifférence à l'agressivité en passant par l'impolitesse et les récriminations. Je crois que, par nature, je suis plutôt enclin au respect des autres, mais j'avoue que je suis souvent passé devant les caissières dans un détachement limité à la politesse d'usage. Je vais corriger ça. Ces dames ne sont pas des robots, elle méritent intérêt.