De tout et de rien
Amour et altérité
Lu dans "Petite philosophie pour les temps variables" de Cécile Guérard : "Si l'amour a un besoin vital d'idéaliser l'autre par un processus de cristallisation (décrit par Stendhal), il ne doit pas supprimer la distance entre le Je et le Tu. Cette distance permet l'acceptation de l'altérité et le respect de l'autre. Mystère et interrogation perpétuelle, l'amour s'alimente de son incomplétude." Cela porte à réfléchir. J'avoue, pour ce qui me concerne, mon adhésion entière à ce jugement porté sur la nature de l'amour. S'aimer, ce n'est pas porter l'autre sur un piédestal, ni se fondre totalement en lui. Ce serait alors, dans un romantisme fermé, se couper des richesses qu'il peut nous apporter. Il faut acccepter que l'autre soit différent, en faire plutôt un partenaire qu'un autre soi-même. Se dire, par exemple : Je suis moi, tu es toi, et je t'aime pour ce que tu es et ce que tu me donnes. Jacques de Bourbon Busset, dans "Lettre à Laurence", a aussi écrit de très belles pages à ce sujet.