De tout et de rien
On lui avait offert de beaux couteaux en céramique pour Noël. Mais la mauvaise idée fut de vouloir les emporter avec lui quand, un jour, il partit, via Autostar, en Angleterre. On les lui confisqua au débarquement. Des fois qu'il aurait été pris d'une soudaine folie meurtrière sur le sol britannique ! Notre homme en fut marri, mais il admit la mesure. Il vaqua ensuite à ses affaires. Sans occire personne. Ce qui prouve bien, au passage, l'innocence du bonhomme. Mais passons. Au retour, il réclama, bien sûr, ses couteaux. On ne put, hélas, les lui rendre : ils avaient disparu ! Autostar se confondit en excuses et, magnanime, proposa de rembourser lesdits couteaux à hauteur de 50% de leur prix. Notre malheureux voyageur trouva la proposition tout de même un peu légère, mais se dit surtout angoissé à l'idée que ses couteaux, manifestement volés, aient pu servir à quelque sordide crime de sang. Je crois qu'en l'occurrence Autostar a dû se demander si on ne se foutait pas de sa tronche. Question subsidiaire : Pourquoi, lors des voyages, ne nous donne-t-on pas un reçu quand on nous confisque un objet ? Ce serait la certitude de sa non-évaporation dans la nature ...