De tout et de rien
Au 19e siècle, il n'y avait pas de brigands à Monaco. Heureusement d'ailleurs, car la principauté n'avait pas de prisons. Mais, voilà, les meilleures choses ont une fin. Il arriva qu'un jour, maudit, un malheureux autochtone, agacé par sa mégère de femme, la fit passer de vie à trépas. Embarras des autorités. Où le mettre ? Il allait falloir élever une prison et engager un gardien. Mais, hélas, le Monaco de l'époque n'avait pas de sous. Ce n'est pas moi qui le dis, mais le sieur Guy de Maupassant. Je l'ai appris hier soir en lisant l'une de ses "Histoires douces amères". On aurait bien voulu - hypocritement - que le condamné s'évadât. Mais celui-ci ne l'entendait pas de cette oreille, alléché par la perspective d'être logé et nourri gratis pour le reste de son existence. La mort dans l'âme, le prince céda et lui trouva un abri.
Chat échaudé craignant l'eau froide, Monaco négocia, par la suite, avec sa voisine, la France, qui, moyennant une faible redevance, offrit au prince ses prisons pour enfermer les futurs malandrins monégasques. On sait que, depuis ce temps, notre pays a totalement vidé ses caisses, alors que Monaco a engrangé des tonnes de thunes. Suggestion : on pourait demander à Monaco de nous renvoyer l'ascenseur et de bien vouloir nous prêter ses prisons. Nos geôles sont surchargées et nous n'avons pas le moindre kopeck pour en construire d'autres ...