De tout et de rien
Hier soir, à la télé, j'ai écouté, avec l'effarement que vous devinez, le discours fou que le président Bachar El Assad prononçait à l'Opéra de Damas. L'aveuglement du rais sidère. Il semble ne pas s'apercevoir qu'il est au bord du gouffre et ne pas comprendre encore qu'il va devoir abandonner son trône. Ce ne sera d'ailleurs que justice : il a 60 000 morts sur la conscience. Ce matin donc, je me suis précipité sur mon quotidien pour lire ce que l'on pensait de cette stupéfiante intervention télévisée. J'ai trouvé dans l'article ce que j'en attendais : l'étonnement scandalisé des observateurs de l'évènement. Mais un petit paragraphe en fin de colonne m'a interpellé, comme on dit. Il disait la vertueuse indignation d'un groupe d'opposition, les "Frères musulmans", face aux crimes commis par le dictateur en question. On ne peut, bien sûr, qu'opiner. Mais les rebelles syriens devraient pourtant se méfier : les Égyptiens se sont fait confisquer leur révolution par la même association religieuse. Piégés par des élections prétendues démocratiques. Ils s'en mordent aujourd'hui les doigts. Ils ont chassé un tyran pour se mettre aussitôt sous la coupe d'un autre despote ...