De tout et de rien
Dans son livre "La part de l'autre", Eric-Emmanuel Schmitt fait dire à l'un de ses héros : " L'homme et la femme ne s'aimeront jamais aussi authentiquement que deux amis, parce que leur relation est pourrie par la séduction. Ils jouent un rôle. Pire, ils cherchent chacun le beau rôle. Théâtre. Comédie. Mensonge. Il n'y a pas de sécurité en amour, car chacun pense qu'il doit dissimuler qu'il ne peut être aimé tel qu'il est. Apparence. Fausse façade. Un grand amour, c'est un mensonge réussi et constamment renouvelé. Une amitié, c'est une vérité qui s'impose. L'amitié est nue, l'amour fardé."
Le trait est évidement forcé. L'amour, ce n'est pas cela du tout. Il est ici dénaturé et privé de tout ce qui en fait la beauté, de tout ce qui le rend unique. Mais ce texte met le doigt sur ce qui le sépare de l'amitié, un sentiment dont on sait qu'il est tout de même plus sûr, plus direct, plus oblatif, moins compliqué, généralement plus durable. Dites-moi si je me trompe.