De tout et de rien
Urgence !
Mardi. 14 h 30. J'accompagne au service des Urgences de l'hôpital l'un des mes proches subitement atteint d'une tachycardie sévère. On l'installe dans le box 6 et l'on m'invite à gagner la petite salle d'attente du bout du couloir. Là, j'attends, l'oeil fixé sur la porte du box en question, que le toubib veuille bien la franchir. Le couloir brille, tous les néons sont allumés, une foule de soignants en blanc vont et viennent, affairés. Certains me sourient en passant (normal, j'ai une tête sympa), d'autres passent sans un regard ou me "traversent" comme si j'étais transparent. De nouveaux brancards arrivent portant des gens aussi inquiets que ceux qui les accompagnent. Moi, je fixe toujours la porte 6. Qui ne s'ouvre toujours pas. Le temps s'écoule, lentement. On se décide enfin à s'occuper du patient (le terme est en l'occurence bien choisi). Je pousse un ouf de soulagement. On va savoir. Que nenni ! Commence alors un autre temps d'attente : celui de la définition du diagnostic. Ce doit être difficile, car je vais devoir attendre de nouvelles heures. Sans trop d'impatience : je suis du genre placide. Mais, j'imagine l'attente des malades et ce qu'elle peut avoir d'insupportable pour eux : attente de l'examen qui ne vient pas, attente de l'incertain diagnostic, attente des décisions qui vont être prises. Quelle chance avons-nous quand nous sommes en bonne santé ! Finalement, tard, le soir, on décidera de garder le malade en observation. Fallait-il tout ce temps pour en arriver là ? Je ne jugerai pas. Je me demande seulement si les services des Urgences sont assez bien considérés pour bénéficier de tout le personnel qu'ils mériteraient.