De tout et de rien
"La fracture du myocarde" de Jacques Fansten (1991)
"C'est une fracture du myocarde ! Et c'est vachement grave comme truc !", a diagnostiqué Antoine, le fils du toubib, en découvrant la mère de Martin immobile dans son lit, morte depuis deux jours. Martin, qui vivait seul avec elle, fort pauvrement au demeurant, n'avait pas envie d'ébruiter le décès de sa mère, convaincu qu'on allait, si ça se savait, le mettre dans l'orphelinat voisin, une maison sur laquelle couraient les bruits les plus abominables.
Bientôt, une dizaine d'enfants vont se retrouver dans la confidence, mais jurer de ne rien révéler. Ils enterreront la dame dans un bout de champ, pas loin de la voie ferrée, pieusement enfermée dans une vieille caisse d'horloge évidée de ses mécanismes. Ils vont ensuite, malins comme des singes, se débrouiller pour cacher la chose à toute la ville.
Hélas, on ne peut dissimuler la mort de quelqu'un pendant des siècles. Les gendarmes, alertés de l'absence trop prolongée de la disparue, finiront par découvrir le pot aux roses. Le juge des enfants, bon bougre, ne les punira pas, conscient de la douleur de Martin et impressionné par l'altruisme de ses camarades. Mais, il ne pourra faire autrement que de placer l'orphelin dans cet établissement qu'il craignait si fort. Martin s'y fermera peu à peu, attendant avec une patience désabusée que le temps finisse par le libérer.
Un film, tourné par l'auteur lui-même raconte joliment cette histoire. A-t-il précédé le livre ? Je ne sais. En tout cas, il date lui aussi de 1991.